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La Part Manquante
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La Part Manquante
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5 novembre 2012

La Couleur des Sentiments

La_Couleur_Des_Sentiments_reference

 

La couleur des sentiments – Kathryn Stockett – Ed Jacqueline Chambon pour Actes Sud – 526pages.

 

Jackson, Mississippi, 1962. Aibileen et Minny sont les bonnes de deux familles blanches bourgeoises du centre ville. Eugenia Phelan dite Skeeter est la fille d’un planteur de la banlieue de Jackson, étudiante en journalisme, ambitieuse et culottée, libertaire et humaine ; elle se lance dans un projet risqué pour une blanche d’un état du Sud.

Motivée par un secret de famille, Skeeter veut, à sa façon faire avancer la cause des Noirs. Aibileen a appris à se taire mais a beaucoup à raconter et Minny n’a jamais su cacher ses pensées.

Toutes trois se trouvent réunies avec l’envie d’enfin faire changer les choses et vont vite être les porte-paroles d’une communauté jusque là silencieuse qui souhaite faire plus que chanter ses souffrances dans le Gospel et le Blues.

Deux Noires et une Blanche pour se roman à trois temps, tout en crescendo. Des portraits hauts en couleurs et des clichés qui ont la peau dure. C’est un chef-d’œuvre ! Quoi dire d’autre qui n’a pas été dit sur ce livre ?

J’ai été un peu déroutée par sa construction mais cela n’a duré que le temps des cent premières pages, le temps de comprendre comment le livre allait fonctionner. Dès que le cerveau a accepté cette règle du jeu de la lecture à trois temps, on se laisse emporter par les récits, les visions, les potins, les cachotteries de Jackson côté Blanc et Jackson côté Noir.

Le style est fluide, et les idées sont développées au scalpel…des incisions nettes, des claques franches, des revers de mains efficaces ; des colères quelques fois, sourdes pour certaines, froides pour d’autres mais toujours présentes.

Etonnamment, les personnages ont pris leur visage très rapidement, et pour moi tous avaient des traits connus, piochés dans des visages du cinéma américain… Aibileen fut immédiatement la Mamma de Scarlett dans « Autant en emporte le vent »…Elle le restera sans doute tout le temps pour moi.

« La couleur des sentiments » est un incontournable de la littérature américaine dans le thème des lois raciales. Je comprends qu’il ait autant marqué les Etats-Unis, pour autant, en ont-ils tiré les conclusions qui s’imposent et les comportements qui devraient en être légitimes ?

C’est l’éternelle question qui reste en suspens après la lecture de ce genre de roman phare, car enfin si c’était le cas, il n’y aurait plus besoin d’écrire sur le sujet de cette façon ; je veux dire afin de dénoncer les méfaits, les atrocités, les horreurs et créer des personnages qui veulent changer « les choses » !

 

Pour moi, en refermant ce pavé, c’est l’envie de relire « Chien Blanc » de Romain Gary et celle de découvrir « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » de Harper Lee qui a émergée…

 

 

Citations :

« J ‘ai envie de crier assez fort pour que Baby Girl m’entende, de crier que sale, c’est pas une couleur, que les maladies, c’est pas les Noirs. Je voudrais empêcher que le moment arrive – comme il arrive dans la vie de tout enfant blanc – où elle va se mettre à penser que les Noirs sont moins bien que les Blancs. » - p.119

 

« […]La honte n’est pas noire, comme la saleté, comme je l’avais toujours cru. La honte a la couleur de l’uniforme blanc tout neuf quand votre mère a passé la nuit à repasser pour gagner de quoi l’acheter et que vous lui rapportez sans une tache, sans une trace de travail. » - p 182.

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Commentaires
T
un gros coup de coeur pour moi aussi.
P
J'ai aimé ce livre et souhaite le défendre pour ce qu'il est : un témoignage de ce qui fut, pour que rien ne soit oublié.
L
J'ai beaucoup aimé celui-là, mais encore plus ''Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur'', n'hésite pas.<br /> <br /> <br /> <br /> le Papou
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