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Édith, reine des Saxons - Regine Sondermann - traduit de l'allemand par Karine Voigt - Éd Amazon - 208 pages

 

4ème de couverture (extrait):

" Vous voulez m'aimer, mais vous ne me connaissez pas"
C'est par ces mots que la Reine Édith commence son récit, qu'elle nous adresse aujourd'hui la parole, à plus de mille ans de distance. L'auteur magdebourgeoise, Regine Sondermann, transporte le lecteur dans le Moyen-Âge encore jeune, aux côtés d'une femme, dont on ne connaissait jusqu'à présent que peu de choses...

 

Passionnée par le Moyen-Âge, l'invite que j'ai reçu ,de la part de Karine Voigt, de lire ce roman m'a immédiatement enthousiasmée. 

Édith (912-946) , épouse anglaise de l'empereur saxon Othon Ier , nous rapporte ici ses mémoires, son histoire si médiévale en cette fin du Haut Moyen-Âge.  

Elle nous projette sans concession ni autre forme de procès dans les réalités politiques et géo-stratégiques de cette Europe en construction, dont l'avenir et la stabilité semblent tenir au bon choix des alliances faites par les mariages.


Édith de Wessex est de ces femmes là qui ont été malgré elles, les ciments des frontières des Empires successifs qui ont fondé l'Europe. Au gré des descriptions de la vie médiévale, de sa cruauté , de ses intrigues de Cour, de ses trahisons fraternelles, le récit d'Édith nous fait toucher du doigt la réalité de la condition féminine au Xème siècle. Avant tout dot, la femme royale amène avec elle, les territoires, les ost, les trésors nécessaires à assoir les hégémonies des hommes de pouvoir. Avant tout génitrice, elles sont les garantes des lignées, de l'incription dans l'Histoire de la continuité des liens du sang et des droits au sol. Sans elles, sans leur présence, sans leur ventre, le Prince n'est rien, il n'a aucun espoir de puissance!

La force de ces femmes royales, à l'instar de leur soeurs du petit peuple, est dans la production d'enfants, les mâles pour succéder à leurs pères et les filles pour apporter les alliances.

Mais Édith a un atout de plus, celui de posséder la lecture et l'écriture. Elle saura assoir son pouvoir, dans sa volonté d'instruire les enfants et ainsi leur donner un pouvoir bien plus grand que celui des armes: celle de la raison et de la conscience.

La découverte de cette reine méconnue m'a plu. J'ai beaucoup appris. J'ai malgré tout été mal à l'aise avec certains personnages qui portent le même prénom et pour lesquels les précisions de l'écriture de l'auteure manquent pour pouvoir les distinguer. C'est dommage.
Par ailleurs, le style du texte n'est pas suffisamment franc pour le qualifier totalement de roman. Certes, s'agit d'une projection de l'auteur de l'histoire d'Édith à travers des documents retrouvés mais cela tient plus d'un journal que d'un roman. J'ai trouvé qu'il manquait du lien entre les chapitres. Mais une fois cette déconvenue dépassée l'écrit est plaisant et de bonne qualité.

Il fallait oser cet exercice afin de restituer sa place légitime à cette reine qui comme bien d'autres sont des oubliées de l'Histoire alors que sans elles, l'Histoire ne se serait pas faite! Regine Sondermann a redonné à cette Reine des Saxons ses lettres de noblesse.