Le_chant_d_Achille

 

Le chant d'Achille - Madeline Miller - Éd. rue fromentin - 383 pages

 

4ème de couverture:

Patrocle, jeune prince maladroit, est exilé à la cour du roi Pelée. Il y rencontre Achille, son exact contraire, doué pour tout ce qu'il entreprend. Malgré leurs différences, les deux jeunes hommes deviennent inséparables.
Quand débute la guerre de Troie, Achille part combattre. Tiraillé entre son amour pour son ami et la peur du danger, Patrocle décide de l'accompagner. La violence des hommes et des dieux transformera leur histoire en drame. (...)

 

Entre l'Odyssée et l'Illiade, j'ai toujours préféré la première plus en actions que la seconde qui se perd dans l'immobilisme de la guerre de Troie... mais Achille reste avec un de mes héros mythologiques favori. Un coeur d'artichaut dans un corps en armure... cet amour qui le perdra, tant pour la gloire que pour Patrocle.

Quel bonheur de lire autrement cet épisode de l'Illiade! La psychologie des personnages est décrite avec finesse et est dépeinte de façon tellement humaine. J'aime pouvoir imaginer les grands héros, les grands hommes de l'Histoire avec leurs faiblesses, leur doutes, leurs combats intérieurs.
On grandit avec les liens qui naissent et se tissent entre le roi des Myrmidons et l'ancien prince d'Oponte.

Lectrice passionnée par la mythologie grecque, j'ai retrouvé aisément mes référentiels, les acteurs, les protagonistes; je me suis laissée facilement faire par la proposition de l'auteure à aller dans le champ de l'intime des deux hommes, dans celui des hésitations de leurs coeurs, des convictions et de l'abnégation de leur sentiment, dans cette part d'humanité qui réduit quasiment à néant les interactions divines.

Bien qu'on connaisse l'issue funeste du chant d'Achille , j'ai aimé y parvenir par d'autres sentiers que ceux du poème tragique. Je sais maintenant que Patrocle n'erre plus entre Styx et Monde des vivants, il a bien rejoint Achille.

 

L'écriture est tendre, sensible, sensuelle et toujours respectueuse du lecteur, en laissant assez de place aux limites de son imaginaire. Les personnages sont décrits avec tant de subtilité que, quelque soit la nature de l'anagnoste, on peut s'identifier aux personnages.

Je crois que notre XXIème siècle a permis (à nouveau depuis l'Antiquité, il était temps!)  l'écriture de ces amours homosexuels, sans violence ni préjugé en les replaçant dans leur symbolique et leur sens social pour en faire un écrit emprunt de romantisme , comme il y a longtemps que j'en avais lu.

Achille et Patrocle, rappelons-le, étaient l'image du couple duquel se réclamaient Alexandre Le Grand et Héphaeston, autre couple mythique. 

 

COUPS DE COEUR!