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Le Christ Obèse - Larry Tremblay - Éditions ALTO - 160 pages

 

La 4ème de couverture:

Edgar, un trentenaire timide et asocial qui a toujours vécu dans l'ombre de sa mère décédée depuis peu, assiste à une violence agression dans un cimetière. Il recueille chez lui la victime inconsciente et fait un serment: il sera son sauveur. Au fil des jours, une étrange relation fusionnelle s'installe entre les deux êtres, pour le meilleur et pour le pire.
Qui Edgar cherche-t-il à sauver? Lui ou sa victime?

 

Mon impression de lecture:

Rien ne présageait que ce livre se retrouve dans la bibliothèque; il aura fallu que j'assiste à une conférence lors du dernier Salon du Livre de Trois-Rivières (Québec) , dont le thème était "la folie créatrice et littéraire", en présence d'auteurs québécois dont Larry Tremblay que je ne connaissais pas.
L'auteur aborde sa relation à la religion catholique dans laquelle il est né (comme la plupart de Québécois nés avant les années 60) . Il explique son interrogation, enfant, de la question centrale de la souffrance du Christ comme étant supérieure à toutes les souffrances de tous les hommes de la Terre et l'illustre par son incompréhension du passage des Saint-Innocents.... quel injustice que de tuer des milliers d'enfants pour finalement un seul, celui-là même qu'on tuera , seul, 33 ans plus tard?

De cette question lancinante, Larry Tremblay, imagine l'histoire d'Edgar et explore les origines de la souffrance, celle-là même qui appelle le Bien et/ou le Mal, la compassion, l'abnégation, le sacrifice, la naissance, la mort et la résurrection, autant de concepts qui pavent cette religion qui voue son culte à un être suprême unique par la souffrance sans limite qu'il a enduré et la dette infinie qu'il a léguée à ses disciples, autrement appellée culpabilité.Cette dette infinie le nourrit plus et tant... au point qu'il en veut toujours plus ... comme une obésité morbide.

Et s'il n'y avait rien de tout cela? 

J'ai lu ce roman quasiment d'une traite. La plume est rythmée par des phrases courtes, incisives et précises. Le style impeccable laisse toute sa place aux émotions, sourires, surprises, doutes, associations d'idées. Les paraboles immanquables amènent doucement le lecteur à d'interroger sur sa propre relation à Dieu. Pour, finalement se demander où est la frontière entre le Bien et le Mal, en tout cas...qui en juge?

 

" Une conviction profonde l'avait saisi: on ne pouvait pas vivre en paix avec soi-même en s'agenouillant devant l'image de faiblesse et d'abdication que représentait le Christ crucifié. Sa soufrrance ne sauverait pas la monde. La souffrance était la chose la plus inutile de la création." - p. 64

 

COUP DE COEUR !