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La Part Manquante – Christian Bobin – Ed.Folio – 99 pages

 

« Ce n’est pas pour devenir écrivain qu’on écrit. C’est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour »

 

Voilà comment une quatrième de couverture devient une citation classique.

Voilà comment une lecture dans ma vingtaine devient une révélation.

Voilà comment on se surprend à frayer avec l’exercice d’écriture comme on comble un vide sans fond.

Voilà comment on se retrouve à relire avec 20 ans de plus, quand on s’approche du demi-siècle à pas feutrés.

Mais quel vide est à combler ?

Dans 11 textes, Christian Bobin nous invite à nous questionner sur ce que l’on cherche, ce que l’on trouve, ce que l’on suppose dans ces instants où le temps semble se suspendre et auxquels on n’accorde pas d’importance. Il nous amène à les reconnaître et nous en propose son interprétation. Bien sûr, l’Amour est au centre de ce recueil. L’Amour dans toute sa splendeur spirituelle, proche du divin, du sacré et si difficile à percevoir.

J’ai beaucoup de difficulté à résumer ce livre, sans doute parce qu’il ne se résume pas puisqu’il vient jouer avec ce que nous avons de plus intime et de plus personnel. Comme souvent, la plume de Christian Bobin nous invite dans un style parfois déconcertant, alambiqué, dénudé.

Pour mieux nous permettre de nous sonder peut-être.

20 ans plus tard, cette seconde lecture n’a pas suscité autant d’évidences que lors de la première. Disons que l’importance des textes s’est distribuée autrement.

J’ai particulièrement apprécié, cette fois « Les preuves en miettes de l’existence de Dieu », « La parole sale » et « L’écrivain ». Trois textes dont je n’avais aucun souvenir mais qui cette fois ont su retenir mon regard…intérieur.

 

 

 Citations:

«  A huit ans on devine très bien ces choses là, et qu’il faudra choisir. Choisir Dieu ou le vide, le travail ou le chômage, le désespoir ou l’ennui, choisir. Seulement voilà, on a trouvé autre chose, on a trouvé les livres, avec les livres on ne choisit plus, on reçoit tout. La lecture c’est la vie sans contraire, c’est la vie épargnée » - p.22 « La baleine aux yeux verts ».

 

« L’ombre grandit dans la pièce. On n’éclaire pas, il y a assez de mots pour se voir » - p. 81 «  La parole sale »

 

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