Le_Petit_Prince

Le Petit Prince - Antoine de Saint-Exupéry – Ed.Gallimard – 95 pages

 

Quelle aventure que les lectures de ce roman/conte ! Voilà que je viens de le lire pour la 5ème fois.

Est-ce encore besoin de résumer l’histoire de cette rencontre entre un aviateur abîmé dans le désert en panne de moteur et ce Petit Prince venu d’une autre planète avec son référentiel bien différent de celui d’un simple mortel ?

 

Ma première lecture remonte à quelques décennies, la deuxième et la troisième se sont faites dans le cadre de l’école ou le collège. La quatrième, la meilleure, fut à 4 mains avec ma fille aînée alors âgée de 4 ans. C’est sur ce souvenir que j’avais fixé ma mémoire du Petit Prince, ma petite avait tant aimé le passage du renard et je me souviens que j’avais (re)découvert celui de l’allumeur de réverbère.

 

Comment allais-je aborder ce conte cette fois-ci ? J’ai pris le parti de faire le vide, de tenter de faire comme-ci je ne l’avais jamais lu. Et ça a marché, dans ce sens qu’une fois encore, j’ai redécouvert les détails ou les aspects de personnages qui m’étaient apparus très secondaires ou inexistants.

 

Car oui, le Petit Prince raconte à l’aviateur ses voyages sur toutes les planètes qu’il a visitées avant de décider d’aller découvrir la Terre pour laquelle on lui avait fait les meilleures recommandations.

 

Ainsi, cette fois-ci, je crois bien avoir vu le monde à travers les yeux du Petit Prince, alors que les fois précédentes, c’est sans doute à travers de ceux de l’aviateur que j’avais saisi les mondes décris par la tête blonde du conte. Oui, parce que le Petit Prince est blond, vous ne le saviez pas ? On le sait parce que l’auteur a pris soin d’illustrer lui-même son merveilleux conte écologique. Il a aquarellé les récits de son ami rencontré dans le désert. Ainsi on sait à quoi ressemblent les planètes, les baobabs, les réverbères, le serpent et le renard…

 

On apprend beaucoup de choses dans ce conte : les non-dits, les non-vus, le futile, l'inutile, l'indispensable, le ridicule, l’infiniment petit et l’infiniment grand, le partage, l’amour, l’amitié, la loyauté, le souvenir et l’éternité.

 

On apprend à changer de focal pour regarder et appréhender le monde, alors l’insignifiant devient fondamental et le primordial devient secondaire. C’est la magie du Petit Prince !

 

Je n’ai pas envie de m’appesantir sur le style de l’auteur, j’ai simplement envie de dire que beaucoup croient encore que le Petit Prince est un enfant, moi je ne crois pas, car enfin, comment un enfant pourrait-il avoir vu autant de choses et compris autant de principes durables ? Finalement si, peut-être que le Petit Prince est un enfant, car seul l’innocence d’un enfant peut faire voir le monde de cette façon aussi claire et vraie.

Ce que je sais, c’est que j’aurais bien aimé rencontrer, une fois, une personne, grande ou petite, qui ait autant de qualités et qu’ainsi je pourrais appeler "ami" en sachant enfin ce que ce mot signifie !

 

Le Petit Prince est un conte écologique sur l’amitié et humanité, il les rend éternelles et possibles même si finalement elles semblent éphémères. Pour tout cela, c’est un conte que je relirai encore et encore, et je pense que la prochaine fois sera lorsque je serai grand-mère…

 

 

Citations :

« C’est une question de discipline, me disait plus tard le petit prince. Quand on a terminé sa toilette du matin, il faut faire soigneusement la toilette de la planète. Il faut s’astreindre régulièrement à arracher les baobabs dès qu’on les distingue d’avec les rosiers auxquels ils ressemblent beaucoup quand ils sont jeunes. C’est un travail très ennuyeux, mais très facile. » - p 23

 

« Je ne savais pas trop quoi dire. Je me sentais très maladroit. Je ne savais comment l’atteindre, où le rejoindre… C’est tellement mystérieux, le pays des larmes. » - p 30

 

Le_Petit_Prince_depart

aquarelle de St-Exupéry

 

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