Je participe au Cercle de lecture organisé par Tête de Litote.

Chaque mois deux thèmes imposés, des listes d'ouvrages proposés, 30 jours pour lire et faire part de nos impressions de lecture.

Pour le mois d'avril, Tête de Litote nous a proposé les thèmes:

* New York d'hier ou d'aujourd'hui

* Esprit de Famille

 

J'ai relevé le défi de tenter la découverte de New York, ambiance, univers, ville qui ne fait absolument pas partie de mes lectures tout comme la littérature américaine de façon générale.

Depuis longtemps j'avais envie de découvrir l'auteure Edith Wharton pour une raison futile mais précise: j'ai travaillé dans un établissement d'hébergement de mineurs en difficulté situé en face de la maison habitée par l'auteure, à Saint-Brice sous Forêt dans le Val d'Oise. La rue portait son nom. Je n'ai jamais eu l'occasion d'ouvrir un ouvrage de cette écrivaine américaine immigrée en France.

J'ai donc choisi Vieux New York.


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Ce livre est en fait un receuil de 4 petits romans. 4 histoires qui se déroulent dans le New-York du XIXème siècle et qui décortiquent les codes et moeurs de l'aristocratie majoritairement issue de l' immigration d'Europe du Nord. Alors New-York est en pleine croissance économique et financière et déà la fracture sociale se fait sentir.

Le style de l'auteure est très soigné tout en étant sans concession. C'est un style moderne et très critique, plein de sous entendus. On sent malgré tout que la plume de l'écrivaine est libérée par sa propre immigration en France, ce qui donne des satires vives et intelligentes de cette société alors entre deux cultures.

 

J'ai beaucoup aimé l'organisation en textes courts.


1- 1840 , L'Aube mensongère

 Lewis Raycie, fils d'un riche new-yorkais écrasé par la figure paternelle est mandaté par son père pour acquérir, en Europe, des toiles de Maîtres tel Raphaël.

Mais Lewis, soit par passion soit par opposition, dépense la fortune allouée pour acquérir des toiles de peintres inconnus.

Il passera sa vie, ruiné, à tenter de faire découvrir et aimer ces artistes à la population new-yorkaises encarcanée dans les standard de l'art.

C'est bien des année après la mort de Lawis, que sa collection sera redécouverte et vouée à un autre destin...

Ce roman nous emmène dans les méandres des obligations liées à l'autorité paternelle, à la transgression de l'interdit et ses conséquences sociales dans l'aristocratie .

Le personnage principal est finalement eclipsé par celui de l'épouse soumise qui arrive en second plan mais qui finalement tient un rôle central dans le déroulement de l'intrigue.


2- 1850 - La Vieille Fille 


Charlotte et Delia Lowell sont deux cousines issues de la petite bourgeoisie hollandaise immigrée à New-York où leurs familles respectives ont fait fortune.

Elles ont besoin de faire des mariages stratégiques pour garantir leur place dans la société. Délia épouse un bon part et devient une femme socialement remarquable et remarquée. Charlotte, poitrinaire, est condamnée à rester vieille fille.

Elle compense l'absence de mari et l'impossibilité apparente de maternité par la prise en charge d'enfants abandonnés. Elle en préfère une parmi tous: Télia.


Un secret de famille unira les deux cousines et l'enfant dans le carcan des conventions sociales, des faux-semblants qui doivent sauver les apparences.

Ce roman est de mon point de vue le meilleur du recueil.

 

3- 1860, L'Etincelle


Hayley Delane, joueur invétéré semble jouer sa vie comme une partie de poker, c'est aussi comme ça qu'ilépouse de façon imprévisible Leila Garcy, femme libertine et volage.

Ce roman nous plonge dans ces familles new-yorkaises oisives et aisées où il semble que les blasons aient été dorés à coups de demies-vérités sur les histoires familiales et faits d'armes; ces familles où les seuls héritages sont les transmissions de postes clefs des établissements florissants, transmissions sans mérite, sans reconnaissance. Où tous les détails conventionnels sont une véritable communication non verbale ( tenues vestimentaires, salutations, précéance etc etc....)

On navigue dans cette société où les relations sont le sel des édifices personnels mais qui sont aussi toute la fragilité de situations pouvant vite devenir précaires. Tous les moyens sont bons pour augmenter sa fortune, seule sésame pour garantir une place sociale acceptable, même au dépens de toute éthique, déontologique ou morale.

On perçoit dans ce roman les prémices non négligeables de la fracture sociale issues du capitalisme galopant d'un New-York en pleine expansion.

 

4- 1870, Jour de l'An


Un incendie ravage l'hôtel de la 5ème avenue, hôtel où hommes et femmes se retrouvent en plein jour ...

C'est la panique et dans les victimes fuyant les flammes: Lizzie Hazeldean et Henry Prest, reconnus par une poignée d'aristocrates réunis pour le jour de l'an et aux premières loges du "spectacle" depuis leur balcon. Parmi les invités: Me Hazeldean.

Un récit sur les faux-semblants. On ne sait pas Mr Hazeldean a reconnu son épouse et il emportera le secret dans la tombe. Quelles étaient les relations entre Lizzie et Henry?

Un récit sur les apparences, les on-dits, sur les médisances mondaines mais aussi sur la capacité des mondains à faire la pluie et le beau temps sur le ban de la bonne société...

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Un seul roman, sur les 4,  m'a ennuyée (L'Etincelle). L'ensemble est agréable et les analyses ne sont pas obsolètes si l'on s'efforce de les transposer dans notre monde moderne.~

J'ai d'autres titres dans ma liste, je recommande ce livre pour un premier contact avec l'auteure.


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